Vautour fauve
[ Gyps fulvus ]

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L 95-105 cm, E 255-280 cm

Description :

Le Vautour fauve se reconnaît immédiatement à sa taille et à son vol caractéristique. Ailes longues, larges et arrondies à l'arrière, avec l'extrémité effilée et très digitée. Queue très courte et plus carrée que chez le Vautour moine. Lorsqu'il cercle, les ailes sont tenues un peu en avant et relevées en V.
Ad. : de loin, paraît sombre dessous et pâle dessus de près, des bandes pâles sont visibles sur les couvertes et le corps est brun moyen.
Juv. : contraste entre le corps brun-cannelle et les couvertes sous-alaires sable plus pâle ; dessus plus sombre. Les Vautours fauves se nourrissent principalement de charognes, qu'ils recherchent en cerclant haut dans le ciel ou en planant lentement sur les crêtes des collines et des montagnes. Ils quittent leur colonie rupestre après le lever du soleil et y reviennent en fin d'après-midi. Se rassemblent en groupes sur les carcasses. Comme les autres vautours, l'espèce a subi un déclin au cours du XIXe siècle, mais est encore commune dans certaines régions d'Espagne ; plus rare vers l'est de la région méditerranéenne. Principalement sédentaire, mais les juvéniles migrent vers le sud en octobre-novembre, plus tôt dans l'est méditerranéen. Nicheur rare en France (Pyrénées), occasionnel en Belgique et Suisse.


Commentaires du fauconnier :

Les plus grands de tous avec le Condor des Andes, 2m 80 d'envergure pour un poids de 8 à 10 Kgs. Majestueux en vol, ils sont plutôt drôles quand ils sont au sol. Ils vivent en colonies importantes, des Pyrénées jusqu'en Afrique du Nord et jusqu'en Inde.

Ce sont des charognards qui ne se nourrissent que de cadavres. C'est un rôle d'éboueur de la nature qu'ils jouent. Un rôle indispensable puisqu'en faisant disparaître ces viandes putrifiées, ces nids à microbes, ils éliminent les sources d'épidémies.
Ce rôle de necrophage est poussé au maximum dans certaines provinces reculées de l'Inde où le sol rocailleux ne peut être creusé et où il n'y a même pas de bois pour faire des bûches. Les habitants, pour faire disparaître les cadavres humains, les abandonnent aux charognards. De nos jours encore, ils n'ont pas d'autre solution que de construire des tours appelées "Tours du silence", où ils placent leurs défunts à la disposition des Vautours.

Les Vautours Fauves ne font qu'un seul oeuf par an, car leur espérance de vie est très importante: ils peuvent atteindre 70 ans. Leur nid est situé en haut de falaises ou de flancs de montagne inaccessibles.
Ils se reproduisent aux "Aigles de la Cité" depuis quelques années, ce qui est très rare en France et même dans le monde. Quelques jeunes participent actuellement au spectacle. Vous pouvez les reconnaître, ils sont plus foncés de plumage que les parents, qui se distinguent, eux, grâce à une collerette de duvet blanc éclatant.
Ce sont de grands voiliers, capables de disparaître dans le ciel, malgré leur 2m 80 d'envergure. Pour cela, ils ont besoin de courants thermiques importants qui se forment lorsqu'il fait chaud.

Leur implantation sur le site, parfaitement réussie, nous permet de leur conserver une entière confiance, même lorsqu'ils deviennent invisibles. Bien évidemment, cette implantation est la suite logique d'un dressage par lequel il faut commencer, mais demande des années supplémentaires pour nous permettre ce degré de confiance que nous nous accordons mutuellement...

Lorsque ces charognards ont trouvé un cadavre, ils vont le dévorer entièrement, sauf les os. D'autres charognards tels que les Gypaètes barbus sont prévus à cet effet.
Ils vont commencer leur repas par les viscères. En fait, ils mangent le cadavre par l'intérieur ; grâce à leur long cou sans plumes, ils plongent leur tête par les orifices naturels, jusqu'au plus profond de la bête morte.
L'absence de plumes sur la tête et le cou, s'explique par cette habitude qu'ils ont.
Le duvet qui remplace les plumes a la particularité suivante que rien n'y adhère lorsqu'il est sec. Ni sang, ni viande, pas de tâches une demi-heure après leur repas dans les charognes les plus putrides. Et pourtant, ils sont maculés au sortir de ces repas, mais la nature fait bien les choses ! Ils peuvent d'ailleurs rester un mois sans manger car ils ne dépensent pas d'énergie en volant. Ce sont des planeurs qui ne se déplacent dans les airs que lorsque les conditions atmosphériques s'y prêtent; sans dépenser d'énergie, c'est-à-dire, sans battre des ailes.
Leur bec est très puissant et capable de déchiqueter les cuirs les plus résistants.

Vous pouvez avoir un contact, si vous le voulez, avec ces gros oiseaux.
Pour cela, nous avons imaginé de faire marcher l'un d'entre eux sur les jambes et les genoux des volontaires. Avoir un charognard sur soi, de son vivant, c'est ce que nous vous proposons... Pour cela, il faut s'asseoir par terre partout au premier rang, adossé aux bancs avec les jambes bien tendues au sol.
C'est la possibilité de prendre de bonnes photos pour immortaliser ce moment.
Comme pour tous les rapaces, aucun danger si l'on suit parfaitement les consignes !